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Le samedi 19 avril 2014

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Les salaires odieux des PDG

Au début de cette semaine j’ai publié sur OikosBlogue un texte de James Boyce sur « l’odieuse dette africaine ». Un excellent texte qui dénonce, avec un raisonnement bien étayé, cette odieuse pratique des grandes banques internationales de prêter des sommes pharamineuses à des pays corrompus jusqu’à l’os, dirigés par des gouvernements non démocratiques, et vidés de leur richesse par les multinationales. Il y a quelque chose d’odieux, d’ignoble, d’obscène à contribuer à de telles pratiques dans le seul but de faire du profit, toujours plus de profit, à n’importe quel prix, sans jamais tenir compte des impacts qu’ils entraînent.

Or les rémunérations élevées de toutes sortes que se versent les personnes en situation de pouvoir découlent de ce même système de pensée et de pratiques. La même odieuse et obscène pratique de s’accaparer les richesses produite par le travail, au détriment de la majorité, sous le couvert des inepties habituelles fournies par les éditorialistes, économistes, politologues et autres gourous de la gestion qui s’empressent de les justifier. Aux États-Unis, on apprend que le PDG le mieux rémunéré l’an dernier, John Hammergren, de la pharmaceutique McKeeson, a reçu 145 millions $. Ce parasite a aussi négocié un parachute doré de 469 millions de dollars d’indemnités de départ en cas de revente de McKeeson ! Dans le même secteur des pharmaceutiques, Ronald Williams, anciennement à la tête de la compagnie d’assurance santé Aetna, a revendu son portefeuille de 2,4 millions d’options et en a retiré un bénéfice de 50 millions$. Pourtant, sous sa direction, le prix de l’action d’Aetna avait perdu 70%. En moyenne, nous dit The Guardian, les grands dirigeants d’entreprise ont connu des hausses de revenu de 27 à 40%. Ils ont vu toutes les composantes de leur rémunération augmenter de façon importante : les primes, les pensions, les indemnités, et les avantages divers. Pendant ce temps les revenus des classes moyennes et défavorisées s’étiolent.

Je comprends parfaitement que devant le mouvement Occupy, aux États-Unis, l’oligarchie et tous leurs appareils idéologiques y ont vu la montée d’une nouvelle forme de lutte de classes. Avec le retour à des comportements dignes des heures les plus sombres du capitalisme sauvage d’avant la dépression des années 1930, on ne peut que s’attendre à voir ressurgir des formes massives de lutte contre l’oligarchie actuelle. Aux États-Unis, où il reste encore une presse indépendante, un sondage a été mené pour mesurer ce nouveau mouvement en émergence. À la question, ‘Est-ce que les riches ont trop de pouvoir et d’influence aux États-Unis’, les personnes sondées ont répondu à 77% oui. Pour 91% des Démocrates et 80% des indépendants c’étaient le cas, alors que pour les Républicains, le oui atteignait quand même 53%, probablement des ‘teapartiers’ qui n’avaient pas très bien compris le sens de la question… Pour 60% des Démocrates et 54% des indépendants, c’est le système économique dans son ensemble qui est inéquitable en favorisant les riches.

Ils n’ont pas tout à fait tort. Mais si le système économique est redevenu moins équitable, c’est que le système politique est devenu moins démocratique. Selon une étude réalisée l’an dernier par l’ONG Public Campaign, couvrant une trentaine de grandes entreprises, ces dernières, malgré qu’elles étaient très rentables (164 milliards $ de profits entre 2008 et 2010), ont toutes reçus des remboursements d’impôts (11 milliards $ pour les trois années couvertes). En parallèle, ces trente entreprises ont dépensé près d’un demi-milliard $ en lobbying pendant ces trois ans ! Elles ont évidemment aussi dépensées sans compter pour leurs ‘excellents’ dirigeants : en 2010 seulement, 706 millions $, soit une moyenne de 23,5 millions $ par entreprises.

J’étais en train de mettre un point final à ce billet lundi lorsque je suis tombée sur un billet qui signalait que l’ONG Citizens Tax for Justice avait remis à jour cette étude en y ajoutant les données de l’année 2011. Sur les 30 mêmes entreprises, 26 avaient toujours reçu des remboursements d’impôts sur la période de 4 ans. Pour les quatre autres, trois ont été imposé pour un taux global de 4% (sur les quatre ans) alors que la dernière l’a été à un taux de 10,9% !

Tant que nous n’aurons pas le courage et la sagesse de nous débarrasser de ces gouvernements de droite qui ont été, en libéralisant à outrance la régulation économique, les coresponsables de la crise, il ne faudra pas se surprendre de voir cette mince élite prospérer sur les déséquilibres qui minent nos sociétés, de voir ces magnats financiers nous voler notre avenir.

Discussion

Commentaire pour “Les salaires odieux des PDG”

  1. [...] que ces PME sont aussi les victimes des comportements prédateurs de l’oligarchie. Par exemple, comme je le signalais dans un billet récent, l’ONG Citizens for Tax Justice dévoilait récemment que 26 grandes entreprises étatsuniennes, [...]

    Écrit par Oikos Blogue | Le ‘modèle’ étatsunien : tout pour le 1% | mai 10, 2012, 6 h 11 min

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