Le lundi 06 septembre 2010

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Trahison envers les agriculteurs

agriculture2C’est à Whitehorse, au Yukon que le gouvernement du Québec a signé, à la mi-octobre, l’Accord de commerce intérieur (ACI). L’Union des producteurs agricoles a fait connaître sa grande désapprobation face à cette entente commerciale. Celle-ci consentira la libre circulation des produits agroalimentaires au Canada.

Aux yeux du ministre québécois du Développement économique, Clément Gignac, cette entente est un gain historique vis-à-vis l’agriculture québécoise. « Il reprend à son compte le fait que l’ACI constitue un gain historique pour le Québec, faisant valoir que le Canada parlera désormais d’une seule voix pour défendre la gestion de l’offre. Le ministre ajoute que les mesures liées à la gestion de l’offre et aux offices de commercialisation sont protégées par leur inscription en annexe de l’Accord. Il est persuadé que la réglementation québécoise sera maintenue, reconnaissant pourtant que l’ACI autorise d’éventuelles contestations. » Le président de l’UPA, Christian Lacasse, considère pour sa part que le gouvernement de Jean Charest a rompu le lien de confiance avec les agriculteurs et les consommateurs. « Le gouvernement a trahi la confiance des agriculteurs . » Celui-ci juge qu’il est navrant de constater que les préoccupations des agriculteurs, partagées par des associations de consommateurs, ont été cavalièrement écartées. Tenu à l’écart des négociations en dépit de l’engagement de Québec d’impliquer les producteurs agricoles, le président de l’UPA estime que la signature de l’entente témoigne d’un entêtement quasi dogmatique en faveur du libre marché à tout crin

On se rappellera que des milliers d’agriculteurs avaient fait connaître leur réprobation en manifestant devant les bureaux du premier ministre Jean Charest, au centre-ville de Montréal. Ils sont convaincus que cet ajout à l’ACI leur nuira en ayant pour effet d’annihiler les mesures qui font la spécificité des produits québécois : la mise en marché collective, la gestion de l’offre, les normes de composition des aliments et les règles d’étiquetage.

M. Lacasse signale des exemples de craintes des producteurs. Il rappelle la norme de certification bio québécoise, qui pour lui est la plus stricte en la matière en Amérique du Nord. « Aussitôt qu’un commerçant ou un industriel dans le domaine alimentaire va juger que cette norme l’empêche de faire du commerce avec le Québec, il va la contester. En ce moment, les consommateurs sont assurés, par cette norme, d’avoir des produits de très haute qualité. Mais avec l’accord, cette norme-là va tomber, c’est clair et net. Autre exemple : le Québec est la seule province qui exige que le yogourt soit fait avec du lait entier, du lait frais, et non pas des sous-produits, des succédanés, comme l’industrie a tendance à le faire ».

Les agriculteurs ne comprennent pas la décision du gouvernement Charest dans ce dossier.

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