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Le samedi 20 septembre 2014

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Il faut faire la guerre au réchauffement climatique (6)

Avant d’aborder le cas du Québec, rappelons que la Suède a collectivement choisi d’éliminer le pétrole de son portefeuille énergétique d’ici 2030. Il s’agit là d’un choix économique audacieux, qui renvoie à des décisions importantes en matière d’insertion dans l’économie globale. L’économie suédoise n’est pas une économie fermée, au contraire. Le peuple suédois a néanmoins le courage et l’audace de faire fi du manque de volonté de la communauté internationale dans cette guerre au réchauffement, confiant semble-t-il que non seulement leur choix ne nuira pas à la compétitivité de l’économie suédoise, mais qu’il leur apportera un dividende !

Le Québec, qui partage avec la Suède plusieurs sensibilités, en plus d’un climat pas toujours très clément, n’aurait-il pas intérêt à faire cause commune avec la Suède ? Se libérer du pétrole pour 2030 peut constitue un formidable défi collectif, en même temps qu’un choix déterminant pour le type d’économie dans lequel nous voulons inscrire notre modèle de développement. Et ça ne semble pas un choix qui relève de l’utopie.

Par exemple, que voudrait dire pour le Québec l’application de la règle du 1 %. Il faut comprendre cette règle comme une approximation. Certains pays vont devoir investir davantage, alors que d’autres – comme le Québec – devraient investir moins en raison du niveau déjà atteint d’utilisation d’énergies renouvelables. Contrairement à la grande majorité des autres pays du monde, la production électrique québécoise est à 98 % renouvelable. C’est pourquoi la règle simple du 1 % représente une bonne approximation du coût de reconversion de l’économie du Québec pour se libérer du pétrole d’ici 2030. Sur une période de 20 ans, on évalue ce coût à entre 90 et 100 milliards $, selon les hypothèses que l’on peut faire sur le taux de croissance future de l’économie québécoise (à ce sujet, voir notre note d’intervention de l’IREC). Des investissements globaux de 100 milliards en 20 ans, une moyenne de 5 milliards $ par année !

Pour le Québec, ça représente le lancement de quelques projets d’envergure permettant de reconstruire les infrastructures de transport sur une autre base, principalement en électrifiant les transports collectifs. L’IREC a évalué qu’une première phase d’électrification des transports collectifs coûterait 20 milliards $, mais entraînerait en contrepartie la création de 140 000 emplois, une valeur ajoutée totale de 11,9 mil¬liards $ dans l’économie et des revenus fiscaux – impôts, taxes, parafiscalité – de 2,3 milliards $ aux divers niveaux de gouvernement. Ces investissements permettraient de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre (GES) tout en améliorant la productivité globale de l’économie – par des transports plus efficaces – ainsi que la balance commerciale du Québec – avec moins d’achats d’énergie sale pro¬venant de l’étranger.

Une autre phase majeure de reconversion devra toucher le parc des véhicules automobiles. Le remplacement graduel des véhicules à essence vers les VE tout électrique ou hybride rechargeables devra aussi passer par un vaste programme d’investissement public : changement massif des flottes de véhicules gouvernementaux; développement du réseau des bornes de recharge; soutien financier au développement de la grappe de mobilité durable pour ancrer la reconversion au cœur du modèle productif. En parallèle, le développement massif de la production de biogaz provenant de la gestion des matières résiduelles et d’éthanol cellulosique de 2e génération. À ce propos, signalons que les programmes de subventions mis en place en Suède pour soutenir le développement de la cogénération biomasse a donné des résultats probants : une puissance électrique de milliers de mégawatts et 150 réseaux de chaleur fonctionnant en tout ou en partie aux bois-énergie. En 2009, 32 % de l’énergie consommée en Suède provenait de la biomasse !

Grâce au travail de la nouvelle députée Martine Ouellet, une ancienne ingénieure d’Hydro-Québec, le PQ semble se diriger vers une politique énergétique dans la bonne direction. Dans une entrevue réalisée avec Louis-Gilles Francoeur (article payant), la chef du Parti québécois prenait récemment l’engagement public de fermer définitivement la vétuste centrale nucléaire Gentilly-2 si elle devient première ministre lors de la prochaine élection. Elle annonçait également que la future politique énergétique du Québec devrait cesser de préparer de nouveaux grands projets hydro-électriques au profit d’une exploitation croissante de l’efficacité énergétique et des énergies vertes de façon à ce que ces énergies alternatives réduisent davantage notre impact sur le climat.

Il faudrait dès maintenant réclamer, comme l’a fait la Suède, la mise sur pied d’une commission publique spéciale regroupant tous les acteurs de la société civile pour étudier les conditions permettant de libérer le Québec du pétrole d’ici 2030. Ce serait là un grand défi mobilisateur pour les Québécois.

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